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"Un candidat à l'élection présidentielle devrait dire ça..."

"Un candidat à l’élection présidentielle de 2017 devrait dire ça …"

 

Manifeste pour un programme électoral basé sur la lutte contre les changements climatiques

 

Janvier et ses promesses. La promesse d'un renouveau : on laisse l'ancienne année derrière nous, avec l'espoir indéfectible que la nouvelle sera forcément meilleure que la précédente. Et il y a un an, concernant le climat, les promesses étaient grandes ! Les Nations Unies s'étaient rassemblées en décembre 2015 à Paris, pendant la 21ème Conférence des Parties (COP 21) et avaient unanimement décidé, de manière historique, de s'unir pour réussir à contenir le réchauffement climatique à 2 degrés maximum. L'année 2016 commençait bien.

 

Un an plus tard, l'horizon politique, et climatique, s'est assombri. Certains pays développés, parmi les plus attendus, semblent avoir appuyé sur le bouton pause dans leur lutte contre la crise climatique, semblant penser qu'il était suffisant de montrer sa bonne volonté en apposant leur signature en bas d'un bout de papier. Le changement climatique, lui, ne fera pas de pause…

 

Janvier 2017 est arrivé. Notre année sera focalisée autour de l'élection présidentielle, qui engagera notre pays pour les cinq prochaines années. L'enjeu est grand. On ne peut pas se permettre de perdre encore cinq ans. La lutte contre les changements climatiques ne peut pas et ne doit pas être l'apanage d'un parti. Il faut que nos candidats à l'élection présidentielle s'engagent, tous, dans la lutte contre le changement climatique de façon formelle, affichée et claire, au même titre que dans la lutte contre le chômage, l'exclusion et la précarité.

 

Et si la lutte contre la crise climatique était bel et bien le véritable enjeu du quinquennat ?

 

Dans ce cas, en 2017, tout programme électoral ne proposant aucune mesure contre la crise climatique devrait être déclaré inéligible car voué à l'échec…

 

 

Le changement climatique, une réalité …

La crise climatique est réelle, et est causée par les activités humaines, comme l’a officialisé le GIEC[1] en 2014 dans son dernier rapport. Les preuves du réchauffement climatique sont irréfutables : "L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la couverture de neige et de glace a diminué, et le niveau des mers s’est élevé"

La Terre a de tous temps connu des phénomènes climatiques extrêmes, et les espèces animales et végétales se sont toujours adaptées à ces changements. Le problème aujourd'hui, c'est que ces changements climatiques sont beaucoup trop rapides et ce rythme dégrade, de manière parfois irréversible, les écosystèmes et ne permet pas à la biodiversité de s'adapter. Ces changements climatiques ne sont pas naturels. Ils sont liés aux activités humaines (transport, chauffage, production d'électricité, combustion d'énergie fossile, déforestation,…) qui se sont développées de manière exponentielle depuis la Révolution industrielle.

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique?

Outre le fait de mettre en danger de nombreux écosystèmes et de menacer d'extinction de nombreuses espèces,  le GIEC a établi de façon précise que "l'élévation globale, et durable, de la température" de l'air et des océans porte atteinte à la sécurité alimentaire, conduit à une pénurie d'eau, mène à une augmentation des événements météorologiques extrêmes et détériore la santé humaine. La lutte contre les changements climatiques est d'ores et déjà devenue un problème de santé publique partout dans le monde.

 

En outre, s'il fallait ajouter un argument financier à ces arguments déjà pourtant convaincants, on estime que "l’augmentation de la température provoque un ralentissement de la croissance économique." tout comme elle provoque une "augmentation des déplacements de populations." En 2007, le Haut-Commissariat aux Réfugiés chiffrait déjà à 15 millions le nombre de réfugiés climatiques, et estimait qu'ils seront 10 fois plus nombreux vers 2050.

 

Protéger les populations contre les conflits et le terrorisme, contre le chômage et la pauvreté, mais aussi contre le changement climatique, voilà ce que l'on est en droit d'attendre du programme de tous les candidats à l'élection présidentielle de 2017.

… mais pas une fatalité.

 

Le 12 décembre 2015, à l'issue de la 21ème Conférence des Parties (COP21), l'adoption historique de l'Accord de Paris par l'ensemble des 197 pays participant aux négociations, affirmait une volonté internationale très forte de lutter contre les changements climatiques. Cet accord, ratifié à ce jour par 125 pays (émettant 80,43 % des émissions de CO2) entrera en vigueur en 2020, c'est-à-dire au beau milieu du quinquennat 2017-2022.

Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de Développement Durable, adaptés par l'ensemble des Nations Unies, pour construire un monde plus juste, entraient en vigueur pour la période 2016-2030, soit au cœur du prochain mandat présidentiel. Le 13ème objectif demande aux pays d'"incorporer des mesures relatives aux changements climatiques dans les politiques, les stratégies et la planification nationales".

            Comment lutter contre les changements climatiques?

Les deux principales réponses aux changements climatiques sont la mise en place de politiques d'atténuation et d'adaptation. Une politique d'atténuation consiste à réduire de manière significative les émissions de gaz à effets de serre dans l'atmosphère ; une politique d'adaptation vise à aider les populations à se préparer aux effets du changement, par anticipation, et parfois par réaction. Dans les deux cas, il faut une volonté politique forte, pour mobiliser tous les acteurs du changement (décideurs et citoyens).

 

 

La lutte contre l'insécurité, contre le chômage et la précarité sont, à juste titre, des thèmes majeurs dans les propositions de programmes des candidats à l'élection présidentielle française. Tous, sans exception, s'engagent pour résoudre ces crises. En 2017, dans le contexte climatique actuel et à l'horizon 2022, nous avons besoin de connaître les mesures que tous les candidats s'engagent à prendre pour lutter contre la crise climatique et atteindre ainsi les objectifs de Développement Durable. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous pourrons nous décider et voter de manière responsable.

 

"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont le moment est venu." disait Victor Hugo.

 

Le moment est venu pour nos responsables de mener une politique volontairement axée sur la lutte contre les changements climatiques.

 

Il est temps.

 

[1] GIEC : Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat. Cet organe a été créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).